L’autonomie en eau est atteignable. Mais il faut savoir s’y prendre avec les bons moyens. Voici tout ce que vous devez intégrer pour y parvenir.
Préambule
Une eau de pluie récupérée peut servir pour les wc, l’arrosage, le nettoyage ou encore le lave-linge. Cependant, pour la douche, c’est à voir selon la réglementation et le traitement. Un traitement adapté sera nécessaire. Idem pour le lavabo.
Pour ce qui est de la cuisine et de la boisson, vous devez mettre en place une potabilisation en plus du filtre, avec un contrôle de qualité.
L’emplacement et collecte
Premièrement, les cuves doivent être placées au point le plus bas du terrain. Pourquoi? Parce que cela permet une alimentation gravitaire de l’eau sans avoir à surconsommer de l’énergie.
Le plan Nord-Ouest de la maison est également une orientation stratégique, permettant de limiter l’exposition directe au soleil. L’eau peut se maintenir à une température plus fraîche.
Le toit est la surface de collecte principale. C’est lui qui capte l’essentiel du volume d’eau qui servira à l’habitation. Comptez une toiture d’environ 70-80m² pour une surface de captation suffisante pour une personne. A moduler en fonction de la pluviométrie de votre région, de votre consommation visée et de la durée d’autonomie que vous souhaitez.
Si vous avez besoin d’une surface de collecte plus élevée, un couvert de voiture permet de maximiser le volume récupéré (tant que la surface est imperméable). Vous pouvez aussi utiliser le toit du cabanon pour ne pas surcharger les cuves principales.
Le volume
Deux cuves de 10’000L chacune sont recommandées. Pourquoi? Cela permet une répartition modulaire du stockage total, facilitant l’installation et la gestion.
Pour ce qui est du modèle, le Carat XL de Graf est réputé pour sa robustesse et son adaptation à l’enfouissement, aspect indispensable puisque des cuves enterrées protègent l’eau de la lumière et du gel. Idéal pour conserver la qualité sur le long terme.
Le trajet de l’eau
Nous l’avions évoqué précédemment, l’eau tombe sur le toit. Point de départ naturel de tout cycle de récupération. Ensuite, elle rejoint deux gouttières (Est et Ouest).
Les tuyaux se rejoignent côté Ouest, permettant de centraliser l’acheminement de l’eau avant l’entrée dans le système. L’eau entre dans la première cuve.
Puis un rééquilibrage naturel du niveau d’eau dans les deux réservoirs est permis par la communication des cuves par le fond. L’eau s’y répartit donc avant d’être pompée vers la maison depuis la seconde cuve. Avec pour effet une eau décantée, plus stable et plus propre.
La filtration de l’eau
Si l’eau des cuves est propre elle n’en est pas pour autant filtrée. Vous avez ici trois filtres possibles pour pouvoir la consommer.
Le filtre à charbon tout d’abord, qui se change 2-3 fois/an. Il offre un bon goût mais comptez une maintenance fréquente et polluante. Il est également difficile à recycler.
Une alternative est le filtre céramique, qui ne se change qu’une fois/an, mais qui a un débit faible. Dans l’usage, il filtre très bien mais n’est pas adapté à un débit domestique soutenu.
Deux types de filtre UV peuvent aussi être installés. Le filtre UV provoque un débit élevé, sa lampe se change tous les 1,5-2 ans. C’est un moyen de stériliser efficacement l’eau en continu sans que cela n’impacte le débit.
Enfin, le filtre UV retenu est le moins cher mais aussi le plus pratique. Si vous recherchez un bon rapport coût/efficacité/entretien, envisagez cette option.
Comment faire l’entretien?
Une fois le tout installé, il faudra également faire l’entretien. Premier réflexe à avoir, les cuves doivent rester entièrement enterrées pour bénéficier de la protection thermique. Quant à la bouche d’accès, elle doit toujours être sous 5-10cm de terre pour dissimuler l’accès.
Pensez aussi à nettoyer le filtre régulièrement. La fréquence dépend du type de filtre comme nous l’avons vu. La fréquence sera indiquée sur la notice du produit.
Comment économiser de l’eau?
La douche
Pour être autonome, savoir gérer sa consommation est indispensable. Pour la douche tout d’abord, un débit de 12 L par minute (le standard habituel) précise l’ADEME. C’est très énergivore, et pas forcément nécessaire puisque beaucoup d’eau n’entre pas en contact avec la peau.
C’est la raison pour laquelle plusieurs options peuvent être considérées. La première concerne les options en circuit fermé : Orbital Systems, ShowerLoop…. qui permettent de recycler l’eau instantanément.
Les options basse consommation : Nebia, Cirrus… sont aussi intéressantes. Il s’agit de pommeaux de douche optimisés pour pulvériser l’eau plus finement et donc d’économiser de l’eau.
Les toilettes
Pour des toilettes classiques, comptez environ 6 à 12L par chasse. France Nature Environnement Sarthe précise qu’en moyenne, 9l par chasse d’eau sont utilisés pour les plus anciennes et 4l pour les plus récentes.
Quid des toilettes sèches? Elles sont idéales mais compliquées en zone habitée: stockage des matières pendant leur compostage, règles sanitaires et locales, traitement et évacuation des matières….
Des options basses consommation représentent beaucoup d’intérêt. Elles permettent d’utiliser 1 à 1,5 litres par chasse d’eau. une économie non négligeable grâce à leur effet de siphon puissant, leur pression d’air, voire des dispositifs particuliers.
Le lave-linge et le lave-vaisselle
Ici, la consommation d’eau est très variable selon les programmes. Si vous voulez économiser au maximum, il vous faudra vous équiper d’un modèle basse consommation.
Il consommera peu d’eau et peu d’électricité, mais sera cher. Vous pouvez aussi envisager de faire la vaisselle et laver le linge à la main pour assurer un contrôle de la consommation d’eau.

