Pourquoi les noms de famille arméniens finissent par ian?

Les noms de familles ont souvent leurs spécificités, notamment les Islandais, et aujourd’hui, nous allons voir pourquoi les noms de famille arméniens finissent par ian.

L’origine linguistique

Le suffixe « ian » provient de l’arménien et signifie « fils de » ou « descendant de », vous voyez déjà une des raisons pour lesquelles les noms de famille arméniens finissent par ian.

Ainsi, il est comparable à « Johnson » en anglais pour fils de John, et
​la variante « yan » existe selon la translittération. Pour être plus précis, il dérive d’un génitif persan ancien indiquant l’appartenance. Dans l’arménien classique, c’est « -եան » ou « -յան », car l’alphabet n’est pas le même que chez nous.

L’évolution historique

À l’origine, il n’y avait pas de noms fixes, juste le prénom du père. Et
​dès le Moyen Âge, « ian » marque la filiation. Cette période marque la naissance des noms de familles, que ce soit en Arménie ou ailleurs.

Des influences perses, byzantines et russes stabilisent les noms, et
​les nobles utilisaient parfois « ouni » comme Ardzrouni. Au XVIIIe siècle, « ian » se généralise chez les élites.

La diversité des origines derrière le « ian »

Le suffixe « -ian » ne s’attache pas uniquement à un prénom, puisque les noms arméniens sont de véritables archives sociales. Il y a tout d’abord les métiers : Najarian (menuisier), Kasparian (porteur de bouclier), Boyajian (teinturier, d’origine turque).

Les traits de caractère ne sont pas non plus a exclure: Topalian (celui qui boite), Dermendjian (le meunier). Idem pour la géographie : Vanetsian (de Van), Marachlian (de Marach), rappel des villes perdues d’Arménie occidentale.

Le rôle crucial du Génocide de 1915

Avant le XXe siècle, la fixation des noms n’était pas toujours systématique, après le génocide, le suffixe « -ian » devient un signe de reconnaissance entre survivants dans la diaspora (France, USA, Liban…).

En Turquie, la loi de 1934 impose la turquisation des noms et de nombreux Arméniens perdent le « -ian » pour adopter « -oğlu » (« fils de »).

Les variantes régionales et religieuses

Le suffixe « -tsian » pour commencer est souvent lié à une origine géographique très précise, comme le village natal. Pour ce qui concerne
le suffixe « -ounts », c’est une forme ancienne et rurale, présente notamment dans le Syunik (ex. : Bakounts).

Enfin, il y a les noms de clergé, ceux qui commencent par « Der » (ex. : Der-Petrossian) et qui signalent un ancêtre prêtre marié, symbole de respect.

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