Les enfants ont parfois du mal à gérer la frustration. C’est pourtant une étape clé de leur éducation que de leur apprendre. Voici nos conseils pour y parvenir.
Pourquoi c’est important?
C’est une préparation à la réalité du monde qui ne répond pas à tous les désirs. La frustration et les désillusions font partie de la vie. Un enfant qui a toujours ce qu’il veut vivra très mal la réalité du monde adulte.
Si votre enfant ne peux pas avoir tout de suite ce qu’il désir, c’est une très bonne chose. Cela va participer à la construction de sa patience.
Si c’est quelque chose qu’il n’aura jamais, acceptez un refus renforcera sa résilience, autre qualité indispensable à avoir une fois arrivé à l’âge adulte.
Ne cédez pas à ses caprices, un enfant trop gâté devient un adulte qui ne sait pas faire face aux obstacles, qui manque d’auto-discipline, qui fait preuve d’impulsivité et qui tend aux comportement égoïstes.
Comprendre ce qui se passe chez l’enfant
Le cerveau de l’enfant n’est pas mature et ne peut pas gérer ses émotions comme un adulte. Par exemple, le site Papa Positive précise qu’avant 4 ans, son cortex préfrontal n’est pas assez développé pour qu’il puisse gérer sa frustration.
Cette mauvaise gestion des émotions fait qu’il confond envie et besoin. Quelque chose de totalement futile peut lui paraître indispensable.
Un enfant vit dans l’instant présent. S’il s’agit d’une chose positive, c’est aussi une incapacité à voir les conséquences à long terme. Il ne se dit pas en mangeant du chocolat tous les jours qu’il va devenir obèse par exemple.
Avec les années qui passent, cette tendance diminue, d’autant plus si vous mettez en place les bonnes solutions. Un adolescent de 15 ans gère bien mieux la frustration qu’un enfant de 10 ans qui lui même en a une meilleure gestion qu’un poupon de qui entre dans sa 5ème année.
Les bonnes attitudes à adopter
Si votre enfant boude ou fait une crise, restez calme face au refus. Si vous vous mettez à crier, vous risquez d’empirer la situation. Si vous culpabilisez et lui donnez ce qu’il veut, son attitude se poursuivra.
Il ne faut pas culpabiliser de dire non, vous le faites pour son bien. Mais la manière compte aussi, être ferme et bienveillant à la fois est la meilleure attitude à adopter. Il ne sera pas blessé psychologiquement et comprendra que c’est comme ça.
Expliquez bien le pourquoi il ne peut pas avoir ce qu’il veut, bien qu’il n’ait pas le point de vue adulte, il saura pourquoi certaines choses lui sont inaccessibles. Mais ne vous justifiez pas sans fin. L’explication doit être brève.
Veillez à bien garder la même règle dans le temps, votre enfant s’habituera. Si vous changez d’attitude à chaque fois, il aura beaucoup de mal à comprendre.
Les mots et phrases utiles
Si vous ne savez pas quoi lui dire, quelques phrases permettent de lui montrer que vous êtes compréhensif:
- « Je comprends que tu sois déçu. »
- « Ce n’est pas possible aujourd’hui. »
- « Tout le monde n’a pas tout ce qu’il veut. »
- « On peut avoir envie sans forcément l’avoir. »
- « Tu peux être triste, c’est normal. »
Les erreurs à éviter
L’éducation est bien souvent un jeu d’équilibriste. Trop de laxisme ou au contraire d’autorité est mauvais. Parmi les parents, un certain nombre cèdent pour avoir la paix. C’est quelque chose qui ne fera qu’empirer les choses à l’avenir, car il comprendra que « taper une crise » l’amène au résultat voulu.
Promettre pour calmer une crise est une autre erreur, il n’oubliera pas et repartira de plus belle. Il ne croira également plus vos réelles promesses dans le futur.
A l’inverse, culpabiliser l’enfant de ses envies est aussi négatif. Certes il aura beaucoup moins envie de demander. Mais il verra ses désirs comme liés à un problème chez lui. Pour son développement cérébral, c’est une très mauvaise chose. Adulte, il pourrait notamment ne pas demander les choses et être inhibé.
Comparer avec d’autres enfants est aussi quelque chose à bannir. Il se fiche des autres enfants. Un peu comme vous quand il vous dit qu’un de ses petits camarades à eu une pire note que lui.
Changer d’avis selon l’humeur du jour aura aussi un très mauvais effets. Il va être totalement perdu et pourra au fil du temps comprendre à quel moment demander les choses pour les obtenir.
Des méthodes concrètes à appliquer
Plutôt que de réagir sur le coup aux demandes de votre enfant, le mieux est d’avoir une liste de méthodes qui permettent d’encadrer ses besoins.
Premièrement, fixez des règles claires à l’avance. Par exemple, il peut jouer aux jeux vidéos pendant tant d’heures par semaine sous réserve d’avoir des notes au-dessus d’un certain seuil la semaine, ou d’avoir fini ses devoirs avant.
Proposer une liste de souhaits pour anniversaires, fête, Noel est quelque chose qui lui permet d’avoir un cadre quant à ce qu’il veut et de ne pas demander tel ou telle chose quand l’envie lui en prend.
Egalement, au lieu de lui faire des cadeaux de temps en temps, donnez-lui une somme d’argent par semaine/mois et laissez-le l’utiliser en autonomie. La gestion budgétaire dès l’enfance est une très bonne chose comme l’indique l’étude sur l’éducation financière et budgétaire des enfants relayée par la Fédération Française Bancaire et réalisé par Harris Interactive auprès de 1 099 enfants âgés de 8 à 14 ans.
Enfin, vous pouvez différer l’achat au lieu de refuser net. Par exemple, s’il vous demande d’acheter des Playmobil en Novembre, dites-lui que ça attendra Noel. Mais tenez-votre promesse.
Accompagner la frustration
Votre enfant aura parfois beaucoup de mal à encaisser. Il ne faut pas le gronder, apprenez lui à gérer sa frustration. La première chose est
de nommer l’émotion ressentie. Il peut s’agir de colère ou de tristesse notamment.
Laisser le exprimer sa déception. S’il est ouvert, proposez-lui un câlin si besoin. Attendez bien que la crise redescende avant de parler. C’est seulement à ce moment la qu’il se montrera réceptif.
Le rôle de l’exemple parental
Si vous êtes dans le « Fais ce que je dis par ce que je fais », il ne peut pas apprendre. Montrez aussi que de votre côté, vous savez gérer vos envies.
Vous pouvez lui parler d’un achat que vous avez dû annuler ou de quelque chose qui vous a été refusé. Les enfants apprend beaucoup par imitation.
Didier Houzel, pédopsychiatre et psychanalyste français, spécialisé dans la psychanalyse de l’enfance, précise dans son livre ‘La transmission psychique Parents et enfants » que » L’enfant lui-même va, dès qu’il en a les moyens, se comporter comme son père ou comme sa mère » .
Évitez également la surconsommation à la maison, cela le conditionne à croire que c’est quelque chose de normal. Apprenez-lui aussi à valoriser la satisfaction sans achat. Par exemple s’il aime le foot, marquer un but lui procure de la joie sans achat ni consommation.
Adapter selon l’âge
Comme nous l’avons vu, la frustration n’est pas gérer de la même manière au fil des ans. Avant 3 ans, mieux vaut distraire plutôt qu’expliquer, son cerveau n’est pas encore suffisamment développé.
Entre 3 et 6 ans, utiliser des mots simples est recommandé. Vous pourrez détailler plus en détails les raisons entre 6 et 10 ans. A l’âge de l’adolescence, négocier certaines limites est pertinent.

